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Enseignement supérieur, paradis perdu de la dématérialisation ?


Soyons réalistes, il arrive souvent que le passage à la dématérialisation ennuie l’une des parties obligées de s’y soumettre. Il n’est pas rare qu’un chef d’entreprise prié de se confronter à des procédures dématérialisées dans le cadre de la réponse à un appel d’offre public considère cette obligation comme une contrainte. Si l’une des deux parties en présence voit cette évolution comme une formidable opportunité, l’autre s’y soumet parfois à reculons. Or, il est un secteur pour lequel la dématérialisation à valeur probatoire devrait satisfaire tout le monde et où elle devrait se développer à grande vitesse, celui de l’enseignement et singulièrement l’enseignement supérieur.

Les choses commencent à l’inscription à l’université qui ouvre droit à des avantages divers, à des réductions en tout genre, à des financements spécifiques, à des stages conventionnés et à un régime social privilégié.

Si ces procédures s’effectuaient de manière dématérialisée, non seulement l’établissement d’enseignement supérieur y gagnerait en productivité mais toutes les parties prenantes en situation d’entrer en relation avec les étudiants en bénéficieraient pour sécuriser leurs échanges, sans parler de l’étudiant lui-même qui pourrait souscrire instantanément à tous les services qui lui sont réservés grâce à une identité numérique reconnue par tous.

En fin d’étude, les avantages seraient encore plus nombreux : la délivrance d’un diplôme par voie électronique garantirait l’authenticité et la pérennité du document dans le temps. Son authentification par un code à barres de type 2D-Doc (dans le prolongement d’initiatives annoncées tout récemment par plusieurs fournisseurs et qui vont dans ce sens) autoriserait les impressions et les photocopies sans risque de falsification et tout cela apporterait une sécurité supérieure à l’établissement émetteur du diplôme mais également au futur employeur de l’étudiant diplômé qui verrait ainsi ses démarches facilitées.

Bref, dans l’enseignement supérieur, il n’y aurait dans la généralisation de la dématérialisation que des bénéficiaires heureux et personne pour s’en plaindre. C’est tellement évident que cela saute aux yeux.

La question que nous nous posons souvent est de savoir par quel mystère cette filière tarde à ce point à franchir le cap et à s’y mettre ? Pourquoi l’enseignement supérieur est-il autant à la traine dans ces évolutions ? Car si de très nombreuses administrations se sont mises en marche depuis des années déjà à l’image des services fiscaux ou encore de la plupart des collectivités territoriales, l’enseignement supérieur est encore à l’ère préhistorique.

Imposant aux nouveaux étudiants comme aux anciens diplômés un véritable parcours du combattant tout au long de leur scolarité pour effectuer un nombre incalculable de formalités, les établissements d’enseignement supérieur, publics comme privés, affichent un retard préoccupant dans la dématérialisation de leurs échanges. Ignorance ou aversion pour ces nouveaux modes d’interaction ?

La réponse à cette question est d’autant plus énigmatique que les technologies existent et que tout le monde aurait à y gagner, immédiatement et sur le long terme. Voilà donc un chantier que les autorités de tutelle seraient bien avisées de démarrer, dans le prolongement des annonces récentes de la Ministre Najat Vallaud-Belkacem en faveur du lancement prochain d’un service pour attester de la validité des diplômes.